Bill Gates veut taxer les machines et réserver des métiers aux humains

Par Rédaction E.T Editalent, publié le 2026-08-30.

Contenu partiellement rédigé par l’IA.

Illustration : Bill Gates veut taxer les machines et réserver des métiers aux humains

En 2023, Bill Gates jugeait inutile la lettre ouverte réclamant six mois de pause dans le développement des grands modèles d'IA. Le 26 août 2026, le cofondateur de Microsoft a publié un essai d'environ 6 000 mots au ton nettement plus sombre, appelant à un plan mondial pour amortir le choc de l'intelligence artificielle sur l'emploi.

Trois propositions, dont une qui fait débat

Le texte pose un diagnostic dès l'ouverture : l'IA sera « soit le plus grand facteur d'égalité jamais inventé, soit la pire source d'injustice ». Suivent trois propositions.

Des institutions dédiées, nationales et internationales, calquées sur l'AIEA pour le nucléaire et l'OACI pour l'aviation civile.

Une catégorie d'emplois réservés aux humains, baptisée « Human Reserved » sur le modèle assumé de la réserve naturelle. Le grand âge, l'école élémentaire et le soutien psychologique y resteraient entre des mains humaines, même là où la machine coûterait moins cher.

Une taxe sur l'usage et l'achat d'IA et de robots, dont les recettes financeraient l'indemnisation du chômage et la formation.

L'argument fiscal, souvent mal compris

Le droit fiscal actuel traite un système d'automatisation comme un équipement, une charge que l'entreprise déduit, tandis qu'un salarié génère des cotisations sociales. Remplacer un poste par une machine revient donc, mécaniquement, à bénéficier d'un avantage fiscal. Gates propose de corriger ce déséquilibre. Il concède au passage que plusieurs économistes jugent la mesure inefficace, et assume viser la préservation de l'emploi plutôt que l'orthodoxie économique.

La France a déjà tenu ce débat

L'impression de déjà-vu est fondée. En janvier 2017, la commission des affaires juridiques du Parlement européen adoptait le rapport de l'eurodéputée Mady Delvaux, qui envisageait une taxe sur les robots pour financer la protection sociale. Un mois plus tard, la plénière votait la résolution après en avoir retiré le volet fiscal. La même année, Benoît Hamon adossait son revenu universel à une taxe sur les robots pendant la campagne présidentielle.

Élément nouveau en 2026 : en avril, OpenAI publiait son propre cadre recommandant de taxer les entreprises qui remplacent leurs salariés par de l'automatisation. Le vendeur d'automatisation propose de la taxer.

Ce que disent les données françaises

Le rapport remis au gouvernement en mars 2024 par la Commission de l'intelligence artificielle évalue à environ 5 % la part des emplois directement remplaçables par l'IA en France. L'OCDE situe autour de 27 % la part des postes fortement exposés à l'automatisation, exposition et disparition restant deux notions distinctes.

Une étude publiée en juillet 2025 par quatre économistes, dont Philippe Aghion, portant sur 120 millions d'offres d'emploi, observe une baisse relative des embauches dans les métiers exposés, et une hausse de l'emploi total chez les entreprises qui adoptent ces outils. Le tableau est contrasté, pas apocalyptique.

FAQ

Qu'est-ce qu'une taxe sur les robots ?

Un prélèvement assis sur l'achat ou l'usage de systèmes automatisés, destiné à compenser la perte de cotisations sociales liée aux postes supprimés.

Existe-t-elle quelque part ?

Aucun grand pays industrialisé ne l'applique à ce jour. La Corée du Sud a réduit en 2017 un avantage fiscal accordé aux investissements en automatisation, ce qui n'est pas une taxe à proprement parler.

Quels métiers Gates propose-t-il de réserver aux humains ?

L'accompagnement du grand âge, l'enseignement élémentaire et le soutien psychologique figurent dans son essai.

Combien d'emplois sont menacés en France ?

La Commission de l'intelligence artificielle retient environ 5 % d'emplois directement remplaçables, l'OCDE 27 % de postes fortement exposés, une notion plus large.


Sources

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