Rançongiciel à Libercourt : 817 Go revendiqués, le plan de continuité en quatre pages

Par Rédaction E.T Editalent, publié le 2026-09-07.

Contenu partiellement rédigé par l’IA.

Illustration : Rançongiciel à Libercourt : 817 Go revendiqués, le plan de continuité en quatre pages

Le 2 septembre 2026, un groupe de rançongiciel a revendiqué le vol de 817 gigaoctets de données à la ville de Libercourt, dans le Pas-de-Calais. Le chiffre parle moins que ce qu'il recouvre : dans une commune, 800 gigaoctets, ce sont des dossiers d'état civil, des délibérations, des marchés publics, des fichiers de ressources humaines et des années de courriels.

Ce qui se passe dans une mairie bloquée

L'expérience des communes touchées ces trois dernières années dessine toujours la même séquence. Jour 1 : les postes ne démarrent plus, l'état civil bascule sur papier. Jour 2 : les paies et les mandats sont à l'arrêt, le standard sature. Semaine 1 : la reconstruction commence, sans savoir encore ce qui a fuité. Mois 1 à 6 : les données publiées alimentent l'hameçonnage ciblé sur les agents, les fournisseurs et les habitants.

Le coût principal n'est jamais la rançon, que les collectivités françaises ne paient quasiment pas. C'est l'interruption de service et la reconstruction.

Le plan de continuité tient sur quatre pages

Un plan utile n'est pas un classeur. Il répond à quatre questions, et il existe en version papier dans le bureau du directeur général des services.

Qui décide. Un nom, un suppléant, un numéro de téléphone personnel. En cas de blocage, la messagerie professionnelle n'est plus disponible.

Comment on continue. Les trois services qui ne peuvent pas s'arrêter, en général l'état civil, la restauration scolaire et les funérailles, avec leur procédure papier écrite et testée.

Comment on parle. Un canal hors système d'information : site hébergé ailleurs, réseau social, affichage physique, panneau lumineux. Et un message type, déjà rédigé.

Qui on appelle. Le prestataire informatique, l'assureur, le référent cyber régional, le service compétent de l'État, la CNIL, la gendarmerie ou la police. Avec les numéros directs, pas les standards.

Les sauvegardes : le seul sujet qui compte vraiment

Trois règles suffisent, et elles se vérifient en une matinée :

  1. Une copie déconnectée. Une sauvegarde accessible depuis le réseau sera chiffrée avec le reste.
  2. Une restauration testée. Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une garantie. Le test se date et se consigne.
  3. Un délai connu. Savoir que la remise en service prend trois jours change entièrement la communication du premier jour.

Le RGPD ne disparaît pas pendant la crise

Une exfiltration de données constitue une violation. La notification à l'autorité de contrôle intervient dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, et l'information des personnes concernées s'impose lorsque le risque pour elles est élevé. Une commune qui découvre tardivement la fuite ne perd pas le droit de notifier : elle notifie en expliquant la chronologie.

Ce que les habitants doivent entendre

Le message le plus efficace tient en trois phrases : ce qui est indisponible, ce qui reste possible et par quel moyen, la date du prochain point. Répété tous les jours à la même heure, même sans nouveauté, il évite la rumeur. À l'inverse, l'annonce d'un retour à la normale prématuré détruit la crédibilité de tout ce qui suivra.

FAQ

Faut-il payer la rançon ?

Les autorités françaises le déconseillent formellement. Le paiement ne garantit ni la restitution ni la non-publication, finance l'écosystème criminel et peut poser un problème assurantiel.

Qui prévenir en premier ?

Le prestataire informatique pour isoler, puis l'autorité de contrôle des données dans les 72 heures, et le dépôt de plainte. L'ordre exact importe moins que la trace écrite de chaque étape.

Une petite commune est-elle vraiment visée ?

Les attaques sont majoritairement opportunistes : elles ciblent une faille, pas une taille. Les communes de moins de 5 000 habitants représentent une part importante des victimes recensées.

Combien de temps pour revenir à la normale ?

De quelques jours à plusieurs mois selon la qualité des sauvegardes. C'est le seul facteur qui fait varier la durée dans des proportions aussi larges.

Que dire aux agents pendant la crise ?

Ce qui est autorisé sur les postes personnels, à qui signaler un message suspect, et surtout que le signalement d'une erreur ne sera pas sanctionné. Une erreur cachée coûte toujours plus qu'une erreur signalée.

Sources

Le module communication de crise prépare les messages des 24 premières heures et trace chaque version publiée. Voir les modules.

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