Une trentaine de journalistes agressés : le bilan de RSF
Par Rédaction E.T Editalent, publié le 2026-10-21.
Contenu partiellement rédigé par l’IA.

En bref Selon Reporters sans frontières (RSF), une trentaine de journalistes ont été agressés ou empêchés de travailler depuis le début des mobilisations sociales en France, dont plus de la moitié lors de la seule journée du 17 octobre 2026. Tirs de LBD, coups, menaces, matériel confisqué : les atteintes sont attribuées aussi bien à des membres des forces de l'ordre qu'à des manifestants ou des tiers. RSF demande des enquêtes et rappelle les droits prévus par le schéma national du maintien de l'ordre.
Article établi le 21 octobre 2026. Photo : vidéastes de presse lors des émeutes de Paris, 17 octobre 2026, Jorge Jaramillo, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Casque marqué « Presse », carte professionnelle, ordre de mission : cela n'a pas suffi le 17 octobre. Le recensement publié par RSF dresse un constat qui concerne directement les reporters, les photographes indépendants et les rédactions qui les envoient sur le terrain.
Que recense RSF ?
D'après RSF, une quinzaine de journalistes ont été victimes de violences ou d'entraves le 17 octobre, de Nantes à Grenoble, en passant par Paris, Lyon et Marseille. Ce bilan s'ajoute aux atteintes déjà documentées : au moins 12 journalistes avaient été agressés lors des mobilisations lycéennes et étudiantes, selon un précédent relevé de RSF.
« Les journalistes ne sont pas des cibles. Aucune défiance, aucune colère ne saurait justifier des violences ou des entraves », déclare Laure Chauvel, responsable du bureau France de RSF, qui demande l'ouverture d'enquêtes.
Quels cas sont documentés ?
Parmi les cas rapportés par RSF :
- à Montpellier, le photojournaliste indépendant Ricardo Parreira a été atteint à la jambe par un tir de LBD, avec deux jours d'incapacité totale de travail ; selon son témoignage, un policier l'aurait délibérément visé alors qu'il portait un casque marqué « Presse » ;
- à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, des reporters se sont vu refuser l'accès à une zone d'intervention malgré leur carte de presse ;
- près de la gare de Lyon, un journaliste de StreetPress a été fouillé ; une journaliste de Blast s'est vu confisquer ses équipements de protection ;
- à Rennes, une correspondante d'Al Jazeera English a été prise à partie, cette fois par des personnes cherchant à empêcher la couverture.
Ces faits reposent sur les témoignages recueillis par RSF. Ils n'ont pas, à ce stade, fait l'objet de décisions judiciaires.
Quels droits ont les journalistes en manifestation ?
RSF rappelle que le schéma national du maintien de l'ordre (SNMO) prévoit que les journalistes peuvent porter des équipements de protection et circuler au sein des dispositifs de sécurité. Il leur permet aussi de poursuivre leur travail lors d'une dispersion, à condition de se distinguer des participants et de ne pas entraver l'action des forces de l'ordre.
Pigistes et indépendants : pourquoi sont-ils plus exposés ?
Plusieurs victimes citées sont indépendantes. Sans rédaction derrière elles, elles financent souvent leur propre matériel de protection et supportent seules l'arrêt de travail. Pour les photojournalistes, la question rejoint celle de la rémunération, que nous avions abordée dans notre article sur le tarif minimum des photojournalistes pigistes. La protection des sources se pose aussi lorsqu'un matériel est saisi.
Que peuvent faire les rédactions dès maintenant ?
- remettre à chaque reporter, salarié ou pigiste, un ordre de mission écrit ;
- consigner immédiatement tout incident (heure, lieu, unité, témoins, images) ;
- signaler les atteintes à RSF et aux syndicats de journalistes ;
- sauvegarder les fichiers hors de l'appareil en cas de confiscation.
Pour transformer rapidement des enregistrements de terrain en texte vérifiable, la transcription suivie d'une relecture limite le risque de citation déformée. Contexte complet de la journée : notre bilan du 17 octobre.
Questions fréquentes
Combien de journalistes ont été agressés le 17 octobre ?
Une quinzaine, selon RSF, sur une trentaine depuis le début des mobilisations sociales.
Qui est mis en cause ?
Selon RSF, des membres des forces de l'ordre, des manifestants et des tiers, selon les cas.
Un journaliste peut-il porter un casque et un masque en manifestation ?
Oui, le schéma national du maintien de l'ordre autorise les équipements de protection, rappelle RSF.
Que demande RSF ?
L'ouverture d'enquêtes pour identifier les responsables et la garantie de la sécurité des journalistes sur le terrain.
Ces agressions ont-elles été jugées ?
Pas à notre connaissance au 21 octobre. Les cas reposent sur les témoignages recueillis par RSF.
Sources
- RSF, octobre 2026 : les journalistes pris pour cible lors des mobilisations sociales en France
- RSF, 9 octobre 2026 : au moins douze journalistes agressés lors des mobilisations lycéennes
- Franceinfo, 21 octobre 2026 : suites de la mobilisation du 17 octobre
- Crédit photo : vidéastes de presse, Paris, 17 octobre 2026, Jorge Jaramillo, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons