AI Overviews : la Turquie ouvre une enquête et impose un choix aux éditeurs

Par Rédaction E.T Editalent, publié le . Mis à jour le .

Contenu partiellement rédigé par l’IA.

Illustration : AI Overviews : la Turquie ouvre une enquête et impose un choix aux éditeurs

L’autorité turque de la concurrence a annoncé le 2 novembre une enquête sur AI Overviews et AI Mode, les réponses générées par l’IA dans le moteur de recherche de Google. Elle a imposé dès le 8 octobre des mesures provisoires : les éditeurs doivent pouvoir refuser l’usage de leurs contenus dans ces services sans perdre leur visibilité dans la recherche classique. Une première, qui intéresse directement les médias français.

Photo d’archive : vue d’Istanbul depuis le Bosphore, photographiée le 18 juin 2025 par SegLig, via Wikimedia Commons, CC BY 4.0. Recadrage 16:9 et réduction.

Ce que l’autorité turque a décidé

Le communiqué officiel de l’autorité, repris par Al-Monitor, annonce l’ouverture d’une enquête approfondie sur de possibles pratiques anticoncurrentielles liées à AI Overviews et AI Mode. Une enquête préliminaire avait été ouverte le 27 août 2026. L’annonce ne constitue pas une condamnation : aucune infraction n’est établie à ce stade.

Les griefs examinés portent sur les effets de ces services sur le trafic des éditeurs et des créateurs, sur les conditions d’utilisation de leurs contenus, sur une éventuelle éviction de concurrents et sur des discriminations dans la sélection ou la licence des sources. Le communiqué cite aussi les assistants conversationnels concurrents parmi les acteurs potentiellement évincés.

Des mesures provisoires datées du 8 octobre

Les mesures provisoires ont été décidées le 8 octobre, et rendues publiques avec l’annonce du 2 novembre, selon le communiqué et AI Visibility Journal. Elles ne visent que AI Overviews et AI Mode. Il ne s’agit pas d’une interdiction des services d’IA.

Leur cœur tient en une phrase du communiqué : les éditeurs doivent pouvoir définir leurs choix sur l’usage de leurs contenus dans ces services « independently of their visibility and indexing on other services provided by Google ». Autrement dit, refuser d’alimenter les réponses générées ne doit pas coûter sa place dans les résultats classiques. MLex fait la même lecture.

L’autorité exige aussi des conditions non discriminatoires entre éditeurs, qui « reflect the economic value of the use of their content ». Le communiqué ne fixe ni montant ni tarif. Certains comptes rendus évoquent un délai de mise en conformité ou des sanctions ; ces éléments n’apparaissent pas dans le texte officiel consulté et ne sont pas retenus ici.

Pourquoi ce choix est au centre du débat

Aujourd’hui, un éditeur qui veut sortir des réponses générées dispose d’outils qui touchent aussi sa présence dans la recherche. Le dilemme est connu des rédactions : protéger ses contenus ou préserver son audience. La mesure turque vise précisément à dissocier les deux.

Le risque pour le trafic motive l’enquête. Il n’existe pas, dans cette procédure, de baisse chiffrée établie par une décision définitive. Les études d’audience publiées ces derniers mois, comme celles que nous avons analysées dans notre article sur la baisse du trafic venu de Google vers les médias, éclairent cependant l’enjeu.

Au Royaume-Uni, la transparence sur les clics

Au Royaume-Uni, l’autorité de la concurrence impose des obligations de transparence sur l’engagement avec les contenus dans les fonctions de recherche générative. Selon ses notes d’interprétation et Search Engine Journal, les indicateurs attendus incluent impressions, clics et taux de clic, agrégés pour des fonctions comme AI Overviews et AI Mode, et distingués des résultats organiques.

Search Engine Journal rapporte le 2 novembre que Google n’a « rien à annoncer » pour l’instant sur des données supplémentaires. Les clics venus des réponses générées restent mêlés au rapport de performance classique de la Search Console. Le média situe l’échéance de mise en conformité au 3 décembre 2026 ; cette date n’est confirmée que par cette source.

En France, une plainte des éditeurs à Bruxelles

Le 29 octobre 2026, cinq organisations d’éditeurs français, la CPA, la FNPS, le GESTE, le SEPM et le SPIIL, ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre les pratiques de Google liées à AI Overviews et AI Mode, selon la FNPS et MLex. Elles dénoncent les risques pour la visibilité, le trafic et le modèle économique de leurs sites.

Une plainte n’ouvre pas automatiquement une enquête et ne vaut pas constat d’infraction. Elle place toutefois la question sur la table de la Commission, la même semaine que la décision turque et que les conclusions de l’avocat général dans l’affaire C-250/25, analysées dans notre article sur les éditeurs de presse face à l’IA devant la justice européenne.

Ce qu’un éditeur peut retenir

La décision turque ne s’applique qu’en Turquie. Elle dessine pourtant une solution que d’autres régulateurs pourraient examiner : séparer le choix de figurer dans les réponses générées de celui d’apparaître dans les résultats classiques.

Pour les rédactions, trois réflexes s’imposent. Mesurer d’abord la part du trafic venue de la recherche, page par page. Distinguer ensuite l’entraînement des modèles de la reprise dans les réponses, deux usages traités différemment, comme l’explique notre article sur le signal commun de refus de l’entraînement. Rester enfin prudent sur les promesses : seul Google décide de la présence d’une page dans AI Overview, et aucune méthode ne la garantit.

Questions fréquentes

Qu’a décidé l’autorité turque de la concurrence ?

Elle a ouvert une enquête sur AI Overviews et AI Mode et imposé des mesures provisoires le 8 octobre 2026, annoncées le 2 novembre.

Google est-il condamné ?

Non. L’enquête est en cours et aucune infraction n’est établie.

Les éditeurs français sont-ils concernés ?

La mesure ne s’applique qu’en Turquie. Cinq organisations d’éditeurs français ont toutefois saisi la Commission européenne le 29 octobre 2026.

Peut-on garantir sa présence dans AI Overview ?

Non. Seul Google décide des pages reprises dans AI Overview.

Sources

Visibilité IA des médias

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